BIOGRAPHIE & DÉMARCHE ARTISTIQUE

ANNE-LISE KING
Artiste plasticienne
Née en 1982, Anne-Lise King a étudié à l’Institut d’Arts Visuels d’Orléans, à l’ESEC de Paris et à l’Université d’Exeter. Artiste et réalisatrice, elle développe une œuvre à la croisée du cinéma et des arts plastiques, explorant les liens entre image, mouvement et perception. Son travail se caractérise par une approche ludique et interactive, invitant le spectateur à devenir acteur de la découverte visuelle.
Fascinée par les illusions optiques, elle conçoit des dispositifs cinétiques où le déplacement du regard ou du corps révèle des images en mouvement. Ses recherches s’enrichissent de collaborations avec des artistes issus de la danse, de la musique et des sciences, dans une démarche transdisciplinaire.
En 2017, la scientifique Géraldine Guida lui fait découvrir le phénomène optique de la biréfringence. C'est le coup de foudre : elle tente d'en faire un médium artistique et développe alors l’Art polarisant, une technique innovante de colorisation invisible à l’œil nu, multicolore sous lumière polarisée, exploitant les propriétés de la lumière polarisée. Cette méthode trouve des applications variées dans les domaines du design, de l’architecture, de l’édition et du spectacle.
Depuis 2024, elle enseigne à l’université d’Aix-Marseille et collabore régulièrement avec la Cité des Sciences, où elle transmet sa passion à travers ateliers et expositions pédagogiques lors de fêtes de la science ou de la fête des enfants. Elle est également présente dans de nombreux festivals de lumière.
En 2026, elle a conçu une installation sur mesure pour le parcours nocturne de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, l’un des lieux les plus emblématiques du patrimoine mondial.
La technique de l'Art Polarisant a été inspirée par les expériences de Géraldine Guida, professeur et maître de conférences en optique à l'université Paris Nanterre.
Programme R&D de calculs des couleurs : Bruno Gallas
DÉMARCHE ARTISTIQUE
Artiste plasticienne depuis 2006, j’ai ouvert mon premier atelier à Montreuil avant de m’installer à Marseille en 2014. Mes premières amours furent pour le cinéma, dont j’ai appris la réalisation et le montage. Mais le plaisir de mettre les mains dans la matière ne m’a jamais lâchée. Depuis, je cherche à faire dialoguer arts cinématographiques et arts plastiques, en invitant le spectateur à s’impliquer dans l’œuvre.
Ma recherche part des fondamentaux du septième art.
Qu’est-ce qui fait cinéma ? Qu’est-ce qu’une image ? Une image en mouvement ? Une image projetée ? Ces questions m’ont conduite vers un unique mystère : la lumière.
Avec l’Art polarisant, j’en fais ma matière première et j’en explore avec émerveillement les principes :
• l’invisible et le multicolore ;
• une hybridité entre gravure, marqueterie et vitrail ;
• la capacité à tirer l’extraordinaire d’une matière banale : le scotch.
« Comment est-ce possible ? » C’est la question que je vois se dessiner sur le visage des visiteurs devant plusieurs de mes œuvres. Ils cherchent un écran, un capteur, un vidéoprojecteur. Il n’y en a pas.
Et pourtant, selon l’endroit précis où l’on se tient, la façon dont on se meut, l’œuvre passe de l’invisible au visible, parfois change progressivement de teinte.
Faire changer des couleurs depuis un écran digital aujourd'hui c’est facile.
Le faire avec un matériau transparent et un peu de physique, cela redevient un tour de magie. C’est exactement ce que je recherche : un émerveillement simple, presque low-tech, qui échappe au tout-technologique.
Il y a aussi, dans cette rencontre, quelque chose de plus profond : l’œuvre n’existe pleinement que par la position du spectateur. Sans son déplacement dans l’espace, elle reste muette et incolore.
Umberto Eco parlait d’« œuvre ouverte » ; ici, l’ouverture est presque littérale : une œuvre qui attend le regard et le corps de celui qui la regarde pour être interprétée, presque achevée.